review cooler master sk650

Nous avons essayé • Cooler Master SK650


• Et derrière les rideaux, ça donne quoi ?

Comme d’habitude, on s’affaire à démonter notre objet, bien que ce ne soit pas forcément quelque chose que vous soyez amené à faire chez vous. Par automatisme, nous nous sommes tout d’abord occupés des vis à l’arrière du clavier, mais il n’y en avait ici que deux de planqués sous les pads en caoutchouc supérieurs. À l’avant, camouflé entre les touches, ce sont par contre pas moins de 15 vis qui assurent le maintient de la plaque en aluminium brossé et du PCB avec la coque en plastique. Sur l’ensemble, seuls deux pas de vis sont en métal (ceux des 2 vis situées au dos), tous les autres font partie intégrante  de la coque et sont donc en plastique. Encore une fois, aucun clip de maintien n’est à signaler, l’intégrité de la structure repose donc entièrement sur le vissage.

 

Quoi de beau sous le capot ?

 

Une fois ouvert, le clavier se sépare en deux morceaux : coque et PCB/plaque alu. Le PCB est propre et bien fini, c’est là que se trouve l’habituel microprocesseur 32bit ARM Cortex M3 toujours encore accompagné par défaut de 512Ko de mémoire embarquée. Une électronique simple supplémentée par un câble USB standard et donc relativement facile à remplacer si nécessaire, ajoutons à cela un câble tressé USB Type-C (côté clavier; USB 2.0 Type-A côté PC) externe amovible et l’ont obtient une note de réparabilité finalement assez correcte.

Un petit mot tout de même sur les soudures des câbles côté sortie USB; deux d’entre elles ont lâché assez facilement sans torture particulière de notre part (hormis le démontage du clavier, bien entendu), c’est un peu dommage alors que tout le reste laissait une bonne impression. Peut-être une faiblesse isolée de notre modèle ? Bien sûr, cela ne devrait pas arriver dans le cadre d’un usage normal, évitez tout simplement de démonter votre clavier si vous n’avez pas une bonne raison pour le faire et n’êtes pas un amateur de soudure.

 

àpwal !

 

Côté aluminium, c’est beau, propre et brossé ! La plaque ne parait aujourd’hui pas des plus épaisses, en témoigne sa flexibilité en cas de forte pression et le poids du SK650 sur la balance de 625g seulement (sans le câble USB), alors que certains modèles haut de gamme revêtus d’alu dépassent assez souvent le kilo. Les Cherry MX Red Low Profile trônent fièrement sur la surface, mais l’on regrette un peu l’usage de fines barres en aluminium pour le maintien des grosses touches, ça fait un peu vieille école. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus stable ni de plus solide – ça fait autant de fines fixations plastiques supplémentaires – et surtout ça rajoute un léger bruit métallique en plus à l’activation dont on aurait finalement bien pu se passer.

 

• Le pilotage par Windows

On retrouve le Cooler Master Portal, l’utilitaire maison pour les gérer tous (le matos compatible, bien entendu). Toujours aussi clair, lisible et bien organisé, le CM Portal ne déborde pas l’utilisateur de fonctions inutiles et futiles, et va donc droit à l’essentiel. Sur la page d’accueil, il suffit de sélectionner le périphérique que vous souhaitez personnaliser afin d’accéder à ses options de personnalisation. C’est aussi sur cette page principale que pourrons se mettre à jour firmware et pilotes – requise pour tout nouveau périphérique avant de pouvoir passer à la phase de personnalisation, un processus rapide et sans prise de tête. Le reste de la gestion est simple : choisissez un profil, modifiez-le, puis enregistrez-le. Pour information, l’exe de l’utilitaire pèse tout juste 10mo, utilisera 17mo à l’usage (notons que le gestionnaire des tâches Windows le nomme « Protal », une faute de frappe ?), tandis qu’un petit service nommé SK650 HID traînera en arrière-plan après fermeture du CM Portal à hauteur de 4,6mo d’utilisation de mémoire vive. Ça reste loin, très loin de certaines usines à gaz de la concurrence !

 

coolermaster portal

 

Les effets lumineux prédéfinis sont une bonne vingtaine et sont pour la grande majorité très réussit, de quoi vous en mettre plein la vue selon le thème et l’humeur de la journée. Aussi, chaque touche peut être illuminée individuellement comme bon vous semble, quelle que soit la couleur, la vitesse et la direction de l’effet. Inutile, donc forcément indispensable ! Attention, l’intensité lumineuse n’est pas ajustable, c’est soit allumé, soit éteint. Un moindre mal, l’intégration et le style de capuchons font que l’éclairage est lumineux tout en restant assez doux et pas gênant du tout.

 

coolermaster portal

Et voici très rapidement ce que ça donne en pratique ! (et non ce n’est pas le câble d’origine, qui est noir et tressé)

 

Enfin, les macros. À ceux qui le désirent, la section « Macro » et « Plan des touches » permettent de reprogrammer ou de désactiver chaque touche individuellement. Pour ce faire, il suffit de sélectionner la touche visée, de lui assigner (ou pas) sa nouvelle fonction et d’enregistrer, et ainsi de suite. C’est devenu un standard de nos jours sur les claviers haut de gamme afin de réduire les coûts de fabrication la surface requise et de pouvoir faire dans le minimalisme épuré très en vogue sans nécessairement sacrifier l’une ou l’autre fonctionnalité, bien au contraire. Bref, rien à redire à ce niveau-là, le SK650 se laisse faire autant que la bonne majorité des claviers modernes dans cette fourchette tarifaire.

 

coolermaster portalcoolermaster portal

 

Parenthèse pingouin

Si l’on a abandonné l’espoir qu’un jour, un quelconque fabriquant se décide à concevoir un outil multi-plateforme, on apprécie toutefois le paramétrage quasi-complet du clavier pouvant se réaliser à l’aide de combinaison intégrant la touche Fn, y compris le réglage de la couleur, qu’elle soit sur un rétroéclairage statique ou sur les effets qui viennent s’y ajouter en pressant les touches. Seules certaines options ne seront pas disponibles comme l’orientation droite/gauche d’effets – en dépit de touches censées le modifier, peut-être pour une prochaine mise à jour ? Les macros sont par contre bien au rendez-vous sous l’OS manchot, ouf. Certes, l’ergonomie est loin d’égaler le confort d’une surcouche graphique dédiée, mais en quelques dizaines de minutes, il est possible de parvenir à un résultat tout à fait concluant.

 

comptoir 4stars

Et alors, pari mécanique + low profile réussi pour ce SK650 ? Qu’on se le dise, c’est une assez belle bête qui offre presque tout ce dont on est en droit d’attendre d’un clavier contemporain. Certes, on déplore un peu l’absence de raccourcis multimédias ou macros dédiés, un manque qui obligera à s’habituer aux nombreux raccourcis disponibles sur le clavier (rassurez-vous, CM fourni un guide), à vous de voir si c’est un critère éliminatoire. Le SK650 s’intègre parfaitement dans l’esprit de la gamme actuelle du constructeur, qui mise sur le minimalisme tout en privilégiant le fonctionnel avec un aspect bien travaillé. Solide et bien construit, c’est précisément ce que fait le SK650, la portabilité accrue en plus, on s’est même retrouvé un peu surpris par sa légèreté sur la balance, mais c’est aussi justement un peu ça le but du low profile, vous direz-nous ! La contribution des Cherry MX Red RGB Low Profile est également au poil en associant le style des interrupteurs à membranes aux performances d’un interrupteur mécanique ordinaire, agréable à l’usage tant que l’on s’habitue au layout étroit du SK650 et au style plat des capuchons. Il n’y a pas foule d’alternatives si l’on veut du MX Red Low Profile; on peut citer le K70 RGB MK.2 positionné à 170€, ou encore le Blade Air de Ducky Channel (mais qui ne semble plus avoir fait parler de lui depuis janvier 2018). Face à l’interprétation Low Profile de Corsair, le SK650 est une alternative largement valable, mais la comparaison directe est difficile  tant l’orientation des deux produits est différente. Par contre, on peut aussi citer la gamme Vulcan de Roccat et ses interrupteurs Titan. Oui, c’est du tactile, tandis que les MX Red Low Profile sont linéaires, mais avec des points d’activation à 1,8mm et une course totale de 3,6mm côté Titan, ce n’est pas si éloigné des 1,2mm et 3,2mm des Cherry. Et là, les Vulcan 100 et 80 pourraient avoir plus d’un argument en leur  faveur, en plus de prendre le SK650 et son tarif de 139,99€ en sandwich. Bref, vous l’aurez compris, si vous souhaitez absolument du low profile aussi capable qu’un clavier mécanique, le SK650 est à prendre au sérieux et ne décevra pas, mais étant aussi l’un des rares claviers sur le segment, il le fait assez chèrement payer !
 
cooler master sk650 slimfast